Je suis fière de ce que je fais et ce n’est pas un problème

Coup de gueule, parce qu’il en faut bien.

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Je suis employée, ça fait à peine plus d’un an que je suis dans mon entreprise, et un mois que je suis en CDI. J’ai la chance d’avoir un métier que j’adore, basée sur la passion et le partage, un métier qui se renouvelle et qui enchante chaque journée par de nombreuses découvertes. Attention, ce n’est pas forcément si facile et rose à chaque fois, il y a bien des contrariétés, difficultés, problèmes, comme partout. Contrairement à ce que beaucoup supposent sans même s’interroger, je ne passe pas ma journée à lire, loin de là ! La lecture, partie intégrante de mon travail, s’effectue hors des horaires de l’entreprise. Mais j’aime ce que je fais, et ça me permet d’avancer, de surmonter ces obstacles, d’évoluer et de développer mes capacités. Je suis libraire, et chaque jour j’apprends.

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Jusque là, pas vraiment de coup de gueule ? J’y viens. Comme dit plus haut, je ne suis que salariée dans une petite entreprise. Et j’en ai assez qu’on juge anormal mon investissement dans cette dernière, du fait que je n’en suis pas patronne. Que je me fais avoir en travaillant plus tard parfois. Que c’est bien de bien faire son travail, mais que j’ai un problème pour vouloir finir ce que j’ai commencé dans la journée, que ce soit des tri de livres scolaires (argh!), du déballage de commande ou même de la caisse. Que de toutes façons je n’aurai ni augmentation ni évolution de poste.

Peut-être que pour ces gens, un boulot est un boulot, qu’ils font ça en attendant autre chose, sans envie, sans plaisir. Peut-être qu’ils aimeraient pouvoir et/ou savoir se passionner pour leur emploi. Peut-être même qu’ils jugent que mon travail n’en est pas un, par rapport au fait que je l’apprécie, qu’il n’est pas proche du leur, qu’ils le trouvent inutile ou que sais-je encore ?

Alors je vous le dit : tout métier a ses lettres de noblesses. Le mien, le votre, les leurs … Il n’y a aucun emploi dont on devrait avoir honte, qui ne demande aucune compétence et dans lequel il ne faudrait pas s’investir. De même, tout métier est indispensable et ne devrait pas être dénigré. Il n’existe aucun métier inutile comme il n’existe aucun organe inutile, tous se complètent et tous travaillent ensemble ; certains vous nourrissent, certains vous informent, vous transportent, vous aident … Essayez de vivre sans éboueurs, vous verrez à quel points ils sont importants !

Alors certes, mon métier n’est pas aussi physique que certains, je ne travaille ni dans le froid, ni dans les mauvaises odeurs, les poids les plus lourds que je porte sont d’une vingtaine de kilos et le risque principal de mon activité est de me couper avec du papier. Est-ce une raison pour ne pas respecter ce que je fais et l’investissement que j’y mets ? Est-ce parce que je ne suis pas mon chef que je dois faire mon travail au minimum ? est-ce parce que je sais que je serai au SMIC toute ma vie que je ne dois pas faire de mon mieux dans la voie que je me suis choisie ?

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Pour accéder à ce poste, j’ai fais bac + 3. C’est beaucoup et c’est peu à la fois, mais c’est une formation professionnelle, intéressante et qui ne peut qu’alimenter la passion pour le métier de libraire. Ce métier, je ne peux pas l’exercer à chaque coin de rue, et je suis même parmi les plus chanceux de mes collègues, car avec un cdi. Combien sont en simple cdd, remplacement ou même en recherche d’emploi ?

Ne me demandez pas de renoncer à un métier dans lequel je suis bien et qui me donne envie de m’engager.

Pouvez-vous en dire autant ? Avant de critiquer un métier et le rapport d’une personne à ce dernier, exerce-le. Et à ceux qui me reprochent que faire de mon mieux, faites-en autant dans vos métiers respectifs, peut-être me comprendrez-vous mieux.

Sur ce, bonne journée, merci de m’avoir lue jusqu’au bout, et beaucoup de passion dans votre vie quotidienne.

Cat

Cat