Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh

D’aucuns diront « Mais c’est un classique de la littérature jeunesse ! » ou encore « un incontournable de l’école des loisirs ! ». Et bien voilà, je l’avoue, je l’ai enfin lu. Cette saga qui a débuté en 2003 et qui s’adresse aux adolescents, qui a reçu le « Prix L 10/14 ans », je l’ai d’abord découverte… à travers l’adaptation en roman graphique, illustré par Cati Baur. Que j’ai littéralement dévoré. Quelques jours plus tard, je me plongeais également dans les romans de Malika Ferdjoukh.

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Quatre tomes, tous axés autour d’une saison et d’un des personnages, par odre d’apparition donc : Enid (la cadette) représentant l’automne, Hortense pour l’hiver, Bettina le printemps et enfin Geneviève qui achève le cycle en été. Mais en réalité, elles sont cinq : Charlie, l’ainée, veille sur ses cadettes depuis que leurs parents sont morts d’un accident de voiture. Nous voilà donc plongés dans le quotidien farfelu de cette fratrie (féminine !) qui habite la Vill’Hervé, cette vieille villa en bord de falaise. Se succèdent alors les réparations inopportunes dans la villa qui tombe en ruine, les invités (parfois indésirables, comme tante Lucrèce) mais surtout les copines, les amoureux, et inévitablement, les peines de coeur… Heureusement, les fantômes des parents ne sont jamais bien loin pour leur remonter le moral. Vous l’aurez compris, à travers les aventures des soeurs Verdelaine, nous avons droit à un cocktail varié de sentiments.

Le premier point frappant du roman repose sur la forme. En effet, il s’agit d’un roman polyphonique qui permet de faire entendre les voix et pensées de toutes les sœurs Verdelaine. En ce-sens, on pourrait alors s’interroger sur le titre, qui met toujours l’une des soeurs à l’honneur. Le récit à voix multiples permet de séduire le lecteur en le laissant s’identifier à la sœur de son choix. Cette polyphonie est ainsi un signe évolutif du roman de littérature jeunesse et devient dorénavant, monnaie courante.
L’auteur a également recours à des procédés littéraires visant à protéger son lecteur. Malika Ferdjoukh part d’un postulat assez fréquent en littérature jeunesse : l’orphelinisme. Sans protection parentale, comment les enfants vont-ils pouvoir se débrouiller ? C’est ainsi qu’elle fait intervenir, dans des situations précises, l’image spectrale des parents. Les enfants ne sont donc pas livrés à eux-mêmes et ne font jamais trop de bêtises. La polyphonie permet également cette protection : ainsi, les méchantes farces de Bettina sont critiquées par ses autres sœurs.

Si les personnages sont des archétypes faciles à manipuler pour l’auteur (Enid, la petite sœur candide, Hortense l’intello, Bettina l’adolescente superficielle, Geneviève au caractère doux et enfin Charlie qui sacrifie sa jeunesse pour s’occuper de ses sœurs) le récit n’en reste pas moins charmant. La plume de Malika Ferdjoukh se fait vive et légère, on apprécie les intrigues mêlées et le ton enjoué qui nous les décrit. La réalité des sentiments dépeints ici nous touche à la lecture du roman et les personnages sont toujours plein de surprises !

Eôs

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