Il est de retour

 

Parlons donc du dernier best-seller allemand : Il est de retour, de Timur Vermes. Un livre qui a été fortement médiatisé et que j’ai déniché dernièrement sur mon lieu de travail.

La couverture est un véritable coup de buzz et le résumé laissait entrevoir une histoire intéressante… Alors je me suis laissée tenter. Et mon avis reste mitigé.

il est de retour

Nous sommes dans l’Allemagne des années 2010, et le fameux dictateur Adolf Hitler se réveille en plein milieu d’un terrain vague. Comment ? Nous ne le saurons pas et le plus grand dictateur de tout les temps n’est même pas curieux de savoir. Tout ce qui lui importe c’est pourquoi il est arrivé ici. Après s’être rendu compte de son bond de 65 ans dans le temps, Hitler cherche à remettre le pays sur le droit le chemin. Il n’a ni papier et fait preuve d’une franchise désarmante quant à son identité et ses convictions politiques (que nous connaissons tous…). Or, tous ceux qui l’entourent prennent ses discours au second degré, comme une franche rigolade. Soudain vu comme un grand artiste obsédé par son rôle, il est considéré comme le meilleur imitateur d’Adolf Hitler et est propulsé dans une émission de télévision comique. Récit donc « humoristique » de la nouvelle montée en puissance du Führer…

Ce roman, traduit dans trente-cinq langues, a connu un succès colossal en Allemagne et va bientôt être adapté au cinéma. Que penser de ce succès ? Il y a un véritable malaise qui se crée à la lecture du récit puisqu’il est à la première personne. Or se retrouver dans la tête d’Hitler ne peut être que déconcertant. Certes, il a été classé comme « roman satyrique », mais les passages drôles se font rare et nous avons un peu de mal à éprouver de l’empathie pour le personnage. D’un autre côté, j’ai été comme hypnotisé par cette histoire. En effet, comment, dans notre société contemporaine, une personne telle que lui pouvait-elle réussir à séduire les foules de nouveau (surtout après les atrocités commises) ?

Un autre fait troublant m’a ouvert les yeux : étant bibliothécaire, je suis chargée de bulletiner (c’est à dire pointer chaque magazine qui arrive avant de le mettre en libre service) et il ne se passe pas un mois sans qu’un journal quelconque ne mentionne Hitler ou ne lui consacre un dossier complet. C’est ce que l’on appelle le point Godwin (cf. Wikipédia). Il y a une sorte de fascination morbide pour ses événements passés. Or, en Allemagne, les articles concernant la seconde guerre mondiale sont beaucoup plus nombreux, à hauteur de plusieurs articles parus chaque semaine. Est-ce que cela pourrait expliquer le succès de ce roman ? Mystère.

Mon avis : un récit qui a du potentiel, mais dont le style d’écriture reste brouillon. On se perd dans les longs passages de réflexion et la fin du roman prend une drôle de tournure. De là à dire que ce roman est dangereux, je ne crois pas (sujet du débat entre le Figaro magazine et Le Nouvel Obs). On note la référence dans le prix de l’ouvrage qui est à 19.33€ (1933, arrivée d’Hitler au pouvoir…) et la mise en avant de la religion de l’auteur brandit comme un bouclier contre les réprimandes (il est juif, donc ça veut « forcément » dire que le récit est à prendre au second degré, voyons… Argument bancal pour ma part).

N’hésitez pas à laisser des commentaires pour donner votre avis, ça m’intéresse !

Sinon, place au prochain livre,

Eôs.

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