Le voyageur malgré lui

Allez, on continue dans la veine des romans asiatiques avec Le voyageur malgré luide Min Tran Huy aux éditions Flammarion.

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Née en 1979 dans la région parisienne, Minh Tran Huy est une écrivaine française d’origine vietnamienne. Ses parents la prédestinait à une carrière médicale ou d’ingénierie, mais la jeune femme est irrémédiablement attirée par les lettres. Après des études de Lettres à la Sorbonne et un master à Sciences-Po Paris, elle devient rédactrice en chef adjointe au Magazine Littéraire. Elle est l’auteure de trois autres récits et d’un recueil de nouvelles : La princesse et le pêcheur, son premier roman paru chez Actes Sud en 2007, Le Lac né en une nuit, un recueil de contes et légendes du Vietnam (Babel, 2008) et La double vie d’Anna Song (Actes Sud, 2010).

Il n’est pas aisé de trouver sa place dans le monde quand on emprunte que les chemins de l’errance. Il s’agit là de la trame principale de ce nouveau roman signé par la talentueuse Minh Tran Huy. Un récit composé de plusieurs voix dont la sienne, mais aussi celle de son père, de la jeune sportive Samia Yusuf Omar, d’origine somalienne, ou encore d’un bordelais atteint d’une étrange maladie nommée « dromomanie ». Ce « tourisme pathologique », si bien décrit au début du récit, nous invite à plonger dans l’incroyable histoire, pourtant véridique, de cet homme, Albert Dadas, qui toute sa vie durant lutta contre son mal et cette irrépressible envie de voyager. Un simple employé de gaz du début du 20e siècle qui a, malgré lui, foulé de nombreux pays, traversé des continents entiers et s’est perdu dans de lointaines contrées avant d’être maintes fois arrêté pour vagabondage. Comment ne pas le comparer alors au père de la narratrice, exilé politique qui toute sa vie compensa cette interdiction de retourner au Vietnam par des voyages d’affaires partout dans le monde ? Ngoc Linh, qui se fait tout simplement appeler Line, découvrel’étrange cas d’Albert Dadas, plonge dans les thèses de son médecin traitant et ne peut s’empêcher de trouver une ressemblance avec la coureuse de fond Samia mais également avec les membres de sa propre famille.

Ainsi se compose le roman : des allers qui entraînent le personnage de Line dans une profonde réflexion sur l’exil – sous toutes ses formes ; et des retours qui font entendre la voix de son propre père, Huong. Un témoignage d’autant plus précieux puisque ce dernier s’est caractérisé toute sa vie par ses silences et ses non-dits.

Une quête d’identité donc, pour la jeune Line, qui se traduit par des recherches effrénées sur ses origines vietnamiennes. Elle navigue ainsi entre passé familial et mémoires collectives, adoptant ce ton nostalgique qui lui est propre – et qui nous séduit ! –mais aussi nous bouleverse. Nous déambulons au hasard en même temps que les personnages, charmés par cet hommage rendu aux déracinés et qui s’exprime de la plus poétique des façons : en leur rendant la vie.

Place au prochain livre !

Eôs

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